L'article

Engagée pour les réfugiés

 
27.03.17 - Elle a 29 ans. Elle est venue en France pour ses études. Depuis plus d’une année, elle offre ses services de traduction aux migrants. Portrait.
Arrivée en France en 2009 pour compléter ses études universitaires, la jeune Libanaise Roula n’imaginait pas qu’un jour elle jouerait un rôle clé parmi les réfugiés de langue arabe.
C’est un de ses professeurs d’université, interprète professionnel, qui l’a approchée. Face aux importants besoins de traduction pour les réfugiés arabophones, il l’a encouragée à rejoindre une association dans laquelle il était lui-même engagé.
Quelle ne fut pas sa surprise, lorsqu’elle a découvert les affres des démarches administratives qui guettent les réfugiés en France! «Les obstacles linguistiques qui les attendent à la préfecture, dans les structures d’accompagnement, etc. sont inouïs.» Elle s’est d’abord mise à la disposition d’une association quelques heures à côté de ses études. Puis, devant l’importance des besoins, elle y consacre désormais la moitié de son temps. Son travail de thèse en a pâti, elle a pris du retard.

Des besoins spirituels aussi

Au-delà des nombreux besoins de traduction, Roula a aussi pris conscience de la détresse et des besoins spirituels des migrants. «J’ai été bouleversée par les histoires que j’ai entendues. Les personnes que j’ai accompagnées chez des psychologues partagent leurs idées sombres.» Roula explique que certains musulmans ont été chassés de chez eux, car ils ont été découverts avec une Bible qu’ils s’étaient procurée. «Ils viennent en Europe pour toutes sortes de raisons, de rêves. Mais très vite, ils perdent espoir, ils culpabilisent, sont gagnés par la routine et se referment.» 
Durant le travail, Roula n’a pas le temps pour une discussion plus personnelle. En effet, chaque jour, elle accompagne six ou sept personnes ou familles. «Heureusement, j’en retrouve certains dans la rue, ou à l’occasion de cours de français que je donne aussi.» Parfois, lorsque l’occasion se présente, elle les invite pour un thé, un goûter et pour engager une discussion.
Pourquoi? Parce que pour Roula, la France ne peut régler tous les problèmes des réfugiés: «Contre la faim, on leur donne à manger, contre la douleur des médicaments. Mais face au désespoir, rien, alors que la Bible contient la Bonne Nouvelle dont ils ont besoin.»

Où sont les chrétiens?

La jeune Libanaise observe que de nombreux réfugiés sont ouverts, intéressés. Certains lui demandent spontanément où trouver une Eglise. «Mais la plupart d’entre eux sont réduits à poser la question à des Français qui ne connaissent pas d’Eglise, car ils n’en fréquentent pas.»
Il arrive parfois à Roula de se demander si elle est la seule à avoir la foi, parmi les gens avec lesquels elle est engagée auprès des réfugiés. Un jour, une femme lui a confié qu’elle s’était mise à fréquenter les Témoins de Jehova, «car ce sont eux qui sont venus à sa rencontre au centre d’hébergement»...
Roula aimerait tant que les chrétiens soient plus nombreux à aller à la rencontre des migrants. «Le Psaume 27,13 m’interroge: “Que deviendrais-je si je n’avais pas l’assurance de voir l’amour de l’Eternel au pays des vivants?” Que deviendront-ils, si nous les chrétiens ne les approchons pas?» complète-t-elle. Convaincue d’être à la place où Dieu la veut, elle continue à conjuguer ce service avec ses études. 

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