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«Il y a une vie après la pornographie»

«Il y a une vie après la pornographie»
 
19.12.17 - C’est possible de sortir du piège de la pornographie! Yaëlle et Nicolas Frei en sont l’exemple, eux qui ont été consommateurs durant leur jeunesse avant de connaître un processus de libération.
Yaëlle et Nicolas Frei (31 et 28 ans) sont aujourd’hui mariés et parents de deux enfants. Ensemble, ils ont créé le collectif «Innocence» et des ateliers collaboratifs intitulés «90 jours pour abandonner la pornographie». Leur leitmotiv? Deviens la personne que tu devrais être et ne laisse plus l’addiction à la pornographie t’en empêcher.

Qu’est-ce qui vous a amenés, un jour, à vous dire que la pornographie méritait de s’y attaquer sérieusement?
Lors de notre séjour en Afrique du Sud pour trouver une vision en tant que couple, nous avons œuvré dans une maison qui accueillait des filles victimes de prostitution forcée. Dans ce contexte, nous avons compris à quel point la pornographie est étroitement liée au trafic d’êtres humains. En plus, nous avons été des consommateurs réguliers de pornographie pendant des années, nous nous sommes donc sentis très concernés - nous ne pouvions plus nous taire.

En quoi la pornographie est-elle néfaste? Que détruit-elle?
Que fausse-t-elle?

Le problème avec la pornographie ce n’est pas tellement qu’elle en montre trop, c’est plutôt qu’elle n’en montre pas assez… pas assez d’humanité, pas assez de relations, pas assez d’intimité.

Sans compter les problèmes liés aux dépendances, les difficultés au niveau sexuel et l’impact sur le couple. Plus de 6% de la population américaine déclare par exemple avoir développé une dépendance à la pornographie, et ces chiffres sont en pleine expansion. De plus en plus de scientifiques démontrent une corrélation entre des problèmes d'érection et une consommation régulière de pornographie.

Vous dites que la pornographie est un problème complexe? Quelles sont les facettes de cette complexité?
Les enjeux et conséquences d’une dépendance à la pornographie sont plus discrets, mais pas moins complexes et dévastateurs qu’une autre drogue, en particulier chez les jeunes.

Quelles sont les clés pour s’en sortir? Sont-elles techniques en bloquant l’accès à certaines images sur les appareils, psychologiques, spirituelles?
Il existe des moyens techniques pour limiter l’accès à la pornographie mais il faut plutôt les utiliser comme une béquille. Souvent la pornographie n’est que la pointe de l’iceberg et les vrais enjeux se trouvent en-dessous de la surface (mal-être, mauvaise hygiène de vie, abus, rejet, manque de sens dans la vie, etc.).

Le premier pas pour être libéré de la pornographie, n’est-ce pas de reconnaître qu’on a un problème?
Reconnaître que l’on a un problème est très important, mais il faut surtout réaliser que bien souvent, on ne peut pas s’en sortir seul.

Vous, qu’est-ce qui vous a permis d’en sortir?
Avoir une raison de se battre. Pour nous ça a été de comprendre les dessous de la pornographie et les conséquences sur les personnes qui se trouvent de l’autre côté de l’écran, mais aussi et surtout d’avoir quelqu’un à qui en parler et à qui rendre des comptes.

Lorsqu’on parle pornographie, on pense instinctivement aux hommes. Mais les femmes sont aussi concernées?
Bien sûr, elles représentent environ un tiers des consommateurs sur internet et c’est un chiffre en augmentation. Avant, elles en regardaient souvent avec leur partenaire, alors qu’aujourd’hui de plus en plus de femmes y vont pour leur propre «plaisir».

Le sujet semble parfois tabou dans nos milieux chrétiens… Mais tout le monde est concerné?
Oui car pratiquement tout le monde a, dans son entourage proche, quelqu’un qui est touché par la pornographie de près ou de loin. Il y a encore dans beaucoup de nos milieux un tabou qui doit tomber.

A ceux qui sont rongés par ce problème et qui sont parfois remplis de honte voire de culpabilité, quel est votre message clé?
Plutôt que de vouloir se battre contre la pornographie, essayons plutôt de nous battre pour... Pour des relations épanouissantes, pour une vie qui a du sens, pour un avenir rempli d’espérance. Il y a de l’espoir, il y a une vie après la pornographie et Dieu désire marcher avec toi dans tes galères.

Par Michael Bassin

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A ceux qui veulent s’en sortir

Yaëlle et Nicolas ont mis en place le collectif «Innocence», qui est l’origine de l’atelier « 90 jours pour abandonner la pornographie».
Le but? Démontrer les effets nocifs de la pornographie et offrir des outils ainsi que des ateliers pour se défaire de cette addiction et profiter d’une sexualité saine. Il s’adresse à toute personne qui lutte avec une dépendance à la pornographie et qui souhaite s’en sortir. Dans les grandes lignes, cet atelier consiste en un groupe de parole qui se réunit pour partager, s’entraider et se soutenir dans une recherche de liberté face à cette problématique.

Si le collectif s’appelle «Innocence», c’est «parce que Dieu veut restaurer notre innocence, que nous puissions être tout à nouveau comme ces enfants dont Jésus parle», expliquent Yaëlle et Nicolas. Les remarques les plus fréquentes des gens ayant participé à l’atelier? «Ils disent que ne pas être seul et avoir des gens autour de soi qui se battent aussi fait vraiment la différence!»
 

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