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On choisit ses amis, pas sa famille

On choisit ses amis, pas sa famille
 
19.12.17 - Cette phrase, tu l’as déjà entendue et réentendue. Ok. Mais que fait-on si, justement, on regrette de ne pas pouvoir choisir sa famille?
«On choisit ses amis, pas sa famille.» Cette petite phrase, a priori banale et vite dite, résume pourtant une idée importante et tout ce qu’il y a de plus difficile dans le fait d’avoir une famille - qu’elle soit recomposée, d’adoption ou de sang. Elle dit que le choix des amis, en principe, est un acte personnel, souvent fait souvent après avoir évalué les pours et les contres ou en faisant appel à notre ressenti. Alors que, en famille, nous sommes les «conséquences» des choix d’autres, c’est-à-dire de nos parents ou nos tuteurs.
Et peu importe ce que nous ferons, dirons ou choisirons, nous resterons «de cette famille».

Pour certains, avoir affaire à une famille «imposée» est une chose particulièrement difficile à avaler, surtout quand la relation est fragile, tendue, voire inexistante. Que notre famille nous fasse souffrir, nous couvre de honte, nous interroge ou, dans le meilleur des cas, nous encombre parfois, nous connaissons tous -une fois ou l’autre- l’envie de se distancier de ceux qui la composent.

Mais pas de panique si tu ressens cela. Ca peut arriver et Dieu le sait bien. Il suffit de lire les histoires bibliques de Jacob et Esaü, de Joseph, et même de Jésus pour voir que les difficultés familiales sont humaines et que Dieu fonctionne avec. Rappelons-nous les manigances de Rebecca contre son mari et fils aîné, les souffrances des frères de Joseph non préférés par leur père, les attentes de Marie et ses frères et sœurs sur Jésus. Bien que les contextes culturels de ces histoires soient bien différents du nôtre aujourd’hui, nous pouvons peut-être nous sentir rejoints par elles.

Donner du poids à sa famille
Pourtant, Dieu nous enseigne ceci dans la Bible: «Honore ton père et ta mère». Et il ne fait jamais mention de «circonstances atténuantes», pour reprendre le vocabulaire juridique. Qu’est-ce que cela signifie donc? Comment honorer quelqu’un qui nous fait souffrir, dans l’ombre de qui nous sommes, ou qui nous désintéresse?

En hébreu (la langue originale de l’Ancien Testament), le terme utilisé pour «honorer», contient le sens de «alourdir, donner du poids à quelqu’un», ces qui est intéressant. Bien-sûr que Dieu nous demande d’aimer notre famille. C'est compris dans le commandement principal «aime ton prochain comme toi-même». Et cela reste l’objectif vers lequel il faut tendre. Mais cet amour est composé de plusieurs facettes et l’une d’elle est «honorer». La question qui mérite d'être posée est: quel poids a ta famille dans ta vie? Quel poids donnes-tu à leurs besoins et demandes? Peut-être que les honorer commence tout simplement par te poser cette question, et l’avoir à l’esprit dans tes relations avec eux. Ainsi tu pourras entamer un chemin de «prise en considération» de tes plus proches, chemin pour lequel tu auras besoin d’aide, que ce soit d’amis, de pasteurs ou parfois de psychologues, et assurément de Dieu.

Tes souffrances comptent, et «honorer» tes parents ne veut pas dire accepter tout ce qu’ils font, sans rien dire. Tu as le droit de te protéger et de reconnaître certaines de leurs actions, pour ce qu’elles sont: maladroites, déplacées, voire même méchantes parfois. Cependant, n’oublie pas que toi aussi tu es humain. Vivre une injustice ne justifie pas de leur en faire vivre en retour. Tes parents ont aussi leur lot de souffrances. Et s’ils ne peuvent pas être pardonnés aujourd’hui par toi, peut-être qu’ils peuvent être un petit peu plus compris… Leur «donner du poids», c’est faire un pas dans leur direction. Même s’il te semble très petit, un pas reste un mouvement, et qui dit mouvement dit possibilité de relation. Et si on essayait?

Par Nathalie Schmid

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