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Switchfoot, une foi et une musique vivantes

Switchfoot, une foi et une musique vivantes
 
19.12.17 - Mondialement connu, récompensé par un Grammy Awards, auteur de plusieurs musiques de films, Switchfoot était de passage à Genève au festival Reformaction pour les 500 ans de la Réforme. Just4U a sauté sur l’occasion pour une interview exclusive des cinq membres, dont le leader Jon Foreman.
Il semblerait que vous n’aimiez pas l’étiquette de «groupe chrétien». Pourquoi?
Quand tu enfermes les choses dans une boîte, tu les réduits. Ma foi est dynamique et vivante et je veux que ma musique le soit aussi. Ma foi est bien plus grande qu’un style de musique ou un label qu’on utiliserait pour des raisons commerciales.
Je suis tellement honoré qu’on m’associe avec le nom de Christ. Mais si ça signifie que mes amis juifs ou agnostiques ne peuvent pas venir, alors je n’ai pas besoin de cette étiquette. J’aimerais que tout le monde soit invité à la fête.

Alors que certains groupes sont éphémères, le vôtre existe depuis plus de 20 ans. Quelle est la recette de cette longévité?

De longues balades sur la plage (rires)! C’est parce qu’on peut rire de nous-même et les uns des autres.
Et puis, c’est l’amour! Nous nous aimons, nous aimons jouer de la musique et nous croyons aux chants que nous chantons.

Dans votre chanson Live It Well, vous dites «la vie est courte; je veux la vivre bien». Qu’est-ce que ça signifie «bien vivre»?
Nous tombons souvent dans le piège de la normalité où nous limitons notre compréhension du monde. C'est une illusion de penser que le contrôle nous apporte la sécurité. La réalité, c'est que nous avons moins de contrôle que ce que nous pensons, et qu'il y a bien plus de liberté dans le lâcher prise. Pour moi, le lâcher prise et le sacrifice -ironiquement- c'est ce qui nous permet d’obtenir une vie qui a du sens, de «bien vivre». Mais je pense que cette idée n'est pas naturelle dans notre culture postmoderne.

Quels types de sacrifices avez-vous dû faire pour jouer ensemble et vivre cette aventure en tant que groupe?
Le plus grand sacrifice, c’est de passer beaucoup de temps loin de la maison. Il y a un coût pour chaque chose et nous devons réévaluer notre décision à chaque nouvelle saison. Nous décidons avec nos épouses si nous continuons notre engagement avant toute nouvelle tournée et tout nouvel album.

Quel est le meilleur compliment que pourrait vous faire un fan?
Nous donner du café ou du chocolat suisse (rires). Plus sérieusement, c’est d’entendre la foule chanter avec nous lors de nos concerts.
Pour moi, la musique a cette capacité d’ouvrir les portes de mon âme, cette qualité de me toucher de manière unique. Il y a eu dans ma vie des chants qui m’ont aidé à traverser des périodes difficiles. Donc si nous pouvons être ce chant pour quelqu’un d’autre, c’est le plus beau compliment.

Vous vous produisez au festival Reformaction. Qu’est-ce que la Réforme, ou le fait de réformer sa vie, vous inspire?
La signification historique est tellement forte. C’est important que cela devienne personnel et que ça s’applique à mon âme, là où la réforme doit se passer aujourd’hui. Nous avons besoin d’une réforme intérieure chaque jour.

Après avoir enregistré une quantité d’albums et en avoir vendu des millions, gagné un Grammy Awards et tourné autour du monde, qu’est-ce qui vous fait continuer?
Les Grammy ne signifient pas tant que ça. Ce qui me motive c’est d’apprendre. Et j’ai l’impression qu’on a encore tellement à apprendre.

Comment faites-vous pour continuer à apprendre jour après jour?
Un entraîneur de tir à l’arc de niveau olympique m’a dit que pour qu’un athlète fasse de la compétition à ce niveau, il doit avoir l’état d’esprit d’un enfant de cinq ans. Il n’a qu’une chose en tête: chercher la joie du moment présent. Si tu peux être comme un enfant en musique, le monde ne cesse de se renouveler.

Jon, tu as aussi une carrière solo. Lorsque tu écris des chants, comment choisis-tu s’ils vont être pour Switchfoot ou pour tes albums personnels?
Les chants en solo sont faits pour un cadre plus intime. Tu ne peux pas chuchoter à un événement comme un grand festival, car il faut dire les choses avec force. Ces chuchotements sont adaptés à un petit espace, c’est pour cela que j’ai créé mes projets en solo.

Par Lionel Bally & Christian Wasem

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